Guide pratique

Faire photographier la tombe d’un proche quand on habite loin

Quand on habite loin, une photo permet de voir l’état d’une tombe ou de garder un lien avec un proche disparu. Encore faut-il que la personne sur place trouve la bonne sépulture et la photographie dans le respect du lieu. Ce guide explique comment situer la tombe, quoi demander et quelles règles s’appliquent.

Par EternalCarePublié le Mis à jour le

Mains déposant une rose blanche sur une pierre tombale grise

En bref

Pour faire photographier une tombe à distance, situez-la d’abord précisément : cimetière, carré ou division, allée, numéro. La conservation du cimetière ou la mairie peut vous indiquer l’emplacement. Transmettez ensuite ces repères, le nom gravé et la liste des vues souhaitées à la personne qui se rend sur place, dans le respect du règlement du cimetière.

Comment retrouver l’emplacement exact d’une tombe ?

Dans un grand cimetière, une tombe se cherche comme une adresse : sans numéro ni plan, on peut passer à côté. Réunissez ses références avant de demander des photos.

  1. Étape 1 : Identifier le cimetière

    Selon Service-Public.fr, une personne peut notamment être inhumée dans le cimetière de la commune où elle habitait, de celle où elle est décédée, ou dans celui où se trouve le caveau de famille. Toute personne peut demander, sans justification, une copie intégrale de l’acte de décès : elle indique le lieu du décès et le domicile du défunt. Pour un décès depuis 1970, les fichiers des personnes décédées publiés par l’Insee donnent la date du décès et le code de la commune du décès.
  2. Étape 2 : Interroger la conservation ou la mairie

    Adressez-vous à la conservation du cimetière, s’il en a une, ou au service des cimetières de la mairie. Donnez le nom, les prénoms et la date du décès ou de l’inhumation, au moins l’année. Demandez l’emplacement complet : carré ou division, allée, rang, numéro.
  3. Étape 3 : Chercher dans les papiers de famille

    Acte de concession, factures des pompes funèbres ou du marbrier, courriers de la mairie peuvent mentionner le numéro de la concession ou son emplacement.
  4. Étape 4 : Vérifier les outils de la commune

    Certaines communes proposent une recherche en ligne. À Meudon, la recherche d’une sépulture dans les deux cimetières de la ville permet de localiser la tombe sur une carte. La Ville de Paris met en ligne les plans d’orientation de ses cimetières.
  5. Étape 5 : Remonter aux registres pour une inhumation ancienne

    Les registres d’inhumations anciens peuvent être consultables aux archives, parfois en ligne, comme à Paris (voir le tableau ci-dessous).

Pour un militaire « Mort pour la France », la base « Sépultures de guerre » du ministère des Armées, sur le site Mémoire des hommes, indique le lieu d’inhumation : nécropole nationale, carré militaire communal ou cimetière militaire à l’étranger. Leur entretien est présenté dans notre guide qui doit entretenir une tombe.

Ce que la mairie peut vous communiquer

Les registres du cimetière sont en principe conservés en mairie, et certaines communes disposent d’un plan. Ces documents ne sont pas tous communicables à tout le monde. La Banque des Territoires résume ainsi les avis de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) :

  • un plan du cimetière qui ne fait pas apparaître le nom des titulaires de concessions peut être mis à la disposition de tous ;
  • les informations sur une concession touchent à la vie privée de son titulaire : elles peuvent être refusées à une personne sans lien de parenté ;
  • les ayants droit, eux, peuvent obtenir les documents de gestion de la concession après le décès de son fondateur.

Préparez donc une pièce qui montre votre lien avec le défunt, comme un acte d’état civil. Sur la concession elle-même, voir notre guide concession funéraire.

Exemple : retrouver une tombe dans un cimetière parisien

Retrouver un défunt dans les cimetières de la Ville de Paris
Votre situationÀ qui s’adresserCe qu’il faut fournir ou savoir
Vous connaissez le cimetièreLa conservation de ce cimetièreAu Père-Lachaise : nom, prénom et date du décès ou de l’inhumation, au moins l’année. Les demandes par courrier ou par e-mail y sont recommandées.
Vous ne connaissez pas le cimetièreLe Service central des cimetières, 71 rue des Rondeaux, 75020 ParisNom complet, date du décès et documents officiels prouvant le lien de parenté. Réponse en un mois environ, réservée aux membres de la famille.
Inhumation ancienneLe site des Archives de ParisRegistres d’inhumations de 19 des 20 cimetières parisiens (le Calvaire n’en a pas), de 1804 à 1971.

D’après les pages « Cimetières » et « Cimetière du Père-Lachaise : vos démarches administratives » de la Ville de Paris. L’administration du Père-Lachaise précise qu’elle n’effectue pas de recherches généalogiques.

Le règlement parisien prévoit aussi que tout monument porte, gravés, le numéro, la durée et l’année d’acquisition de la concession (article 52). Une photo de cette inscription confirme qu’il s’agit de la bonne tombe. Voir aussi notre fiche du cimetière du Père-Lachaise.

Quels repères donner à la personne qui photographie ?

Le vocabulaire change d’une commune à l’autre : on parle de divisions à Paris, de carrés et de rangs à Perros-Guirec. Transmettez les références telles que la mairie vous les a données, puis ajoutez ce qui se voit sur place :

  • Le nom tel qu’il est gravé : orthographe exacte, nom de naissance, et le nom de famille inscrit sur le caveau s’il diffère de celui du défunt.
  • Le monument : couleur et matériau de la pierre, forme, croix, médaillon, plaques. Une photo ancienne aide beaucoup : décrivez-en ce qui ne change pas, comme la forme du monument ou la place de la croix. Les fleurs et les plaques, elles, ont pu changer.
  • Le chemin depuis l’entrée : porte à utiliser, allée principale, côté de l’allée, et des repères durables, comme une chapelle ou un grand arbre. Si la mairie vous a remis un plan, décrivez la position de la tombe sur ce plan.
  • La plaque d’identification : dans certains cimetières, la référence est gravée sur le monument. À Perros-Guirec, la position (carré, rang, emplacement) figure sur une plaque scellée à l’arrière droit du monument (article 20 du règlement).

Si le nom ne correspond pas

Demandez à la personne sur place de vous prévenir si l’inscription ne correspond pas à vos indications, plutôt que de photographier une tombe voisine.

Quelles photos demander ?

Des photos utiles répondent à une question : est-ce la bonne tombe, dans quel état est-elle, faut-il intervenir ? Listez les vues souhaitées dès votre demande.

Les vues à demander et leur utilité
VueCe qu’elle montreÀ quoi elle sert
Vue d’ensemble, de faceLe monument entier, à quelques pasReconnaître la tombe et juger de son état général.
InscriptionLes noms et les dates, de face et lisiblesVérifier qu’il s’agit de la bonne sépulture.
Repère d’emplacementLa plaque de numéro, s’il y en a une, ou le panneau de l’alléeRetrouver la tombe plus facilement la fois suivante.
DétailsMédaillon, lettres, joints, fissures, mousses, plantesDécider d’un nettoyage ou d’un passage chez un marbrier.
Vue de situationLa tombe dans son allée, en plan largeSituer la tombe sans cadrer de près les sépultures voisines.
Avant et aprèsLes mêmes angles, avant puis après une interventionComparer le résultat d’un nettoyage ou d’un fleurissement.

Sur une pierre polie, les reflets peuvent masquer les lettres : une prise de vue légèrement de biais, ou à un autre moment de la journée, peut les rendre lisibles. Pour juger de l’état de la pierre avant un nettoyage, voir notre guide comment nettoyer une tombe.

Peut-on photographier une tombe dans un cimetière ?

La réponse dépend du cimetière. Le maire assure la police des cimetières, dont le « maintien de l’ordre et de la décence » (articles L2213-8 et L2213-9 du Code général des collectivités territoriales). Comme le relève la Banque des Territoires, le règlement du cimetière peut soumettre la prise de photographies à une autorisation préalable.

Ce que prévoient les règlements

  • À Paris, l’activité des photographes est soumise à autorisation lorsqu’elle s’exerce dans un cadre professionnel ou commercial (article 7 du règlement général). Sur sa page consacrée au Père-Lachaise, la Ville précise que, dans les cimetières parisiens, les prises de vues faites en dehors d’un cadre privé et familial sont soumises à son autorisation préalable, et qu’il faut alors l’accord exprès des titulaires des sépultures identifiables photographiées.
  • À Perros-Guirec, le règlement interdit la prise de photographies ou de vidéos sans autorisation de la mairie (article 7).

Avant de commander des photos, consultez le règlement du cimetière : à Paris, il est affiché à l’intérieur des cimetières ; ailleurs, demandez-le à la mairie, ou à la conservation en cas de doute. Pour les autres règles (fleurs, objets, travaux), voir notre guide sur ce que le cimetière autorise.

Photos prises par une personne rémunérée

Quand la personne qui photographie est payée, le cadre n’est plus seulement familial : avant de commander, demandez à la conservation ou à la mairie si une autorisation est nécessaire.

Respecter les visiteurs et les autres sépultures

  • Le règlement parisien demande à chacun de se comporter « avec quiétude, décence et respect » et interdit de monter sur les monuments (article 4) : on photographie depuis l’allée.
  • Photographier une personne reconnaissable demande son autorisation, rappelle la Ville de Paris : on attend qu’un convoi ou une famille en recueillement se soit éloigné.
  • Selon la Ville de Paris, plus de 200 000 personnes visitent les cimetières parisiens aux alentours du 1er novembre : les jours qui entourent la Toussaint (lundi 1er novembre 2027, puis mercredi 1er novembre 2028) demandent encore plus de discrétion.

Garder les photos pour un usage privé

Le titulaire de la concession est propriétaire du monument tant que dure la concession. Selon une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du Sénat le 9 janvier 2020, sans l’accord de la famille, la photo d’un monument funéraire ne peut être diffusée que si cette diffusion ne cause pas de trouble anormal. Gardez les photos dans le cercle familial.

Faire photographier une tombe avec EternalCare

Sur EternalCare, vous déposez une annonce pour le cimetière concerné et choisissez l’option « Photos de recueillement », seule ou avec d’autres prestations. Vous fixez votre prix, à partir de 8 €. Les prestataires indépendants intéressés postulent ; vous choisissez celui qui interviendra. La commission d’EternalCare (2 € + 15 %) est prélevée sur sa rémunération, pas ajoutée à votre prix.

  • L’emplacement : renseignez le champ « Numéro de caveau » (carré, allée, numéro) et, dans les instructions particulières, les repères et les vues souhaitées. Ce numéro et ces instructions sont visibles des prestataires qui consultent l’annonce ; le nom, le prénom et l’année de décès ne sont communiqués qu’au prestataire retenu.
  • Les photos : pour chaque mission, le prestataire doit fournir des photos avant et après (article 3 des CGU). Si vous commandez aussi un nettoyage ou des fleurs, vous les recevez donc de toute façon.
  • Les règles du lieu : les prestataires s’engagent à respecter les règlements des cimetières et à disposer des autorisations nécessaires (article 3 des CGU).

EternalCare met en relation et n’est pas partie au contrat : le prestataire, indépendant, est responsable de sa prestation (articles 2 et 3 des CGU). Le déroulement complet, dont la validation après réception des photos, est décrit sur la page entretien de tombe à distance, et les contrôles à l’inscription sur la page vérification des prestataires.

Questions fréquentes

Comment savoir dans quel cimetière un proche est enterré ?

Commencez par les mairies des communes où il habitait et où il est décédé, puis par celle du caveau de famille : ce sont des lieux d’inhumation prévus par la loi, rappelés par Service-Public.fr. Toute personne peut demander une copie intégrale de l’acte de décès, qui indique le lieu du décès et le domicile du défunt. Le service des cimetières confirme ensuite l’emplacement.

La mairie peut-elle me donner l’emplacement d’une tombe ?

Demandez-le à la conservation du cimetière ou au service des cimetières. Au Père-Lachaise, une personne qui n’est pas ayant droit peut obtenir l’emplacement de la concession d’un défunt ; les autres informations sont réservées aux ayants droit reconnus. Ailleurs aussi, elles peuvent être refusées à une personne sans lien de parenté.

Le cimetière peut-il m’envoyer une photo de la tombe ?

Cela dépend du cimetière. Au Père-Lachaise, l’administration indique ne pas adresser de photographies d’une sépulture, sauf à titre exceptionnel aux ayants droit, lorsque la bonne gestion de la concession le nécessite. Pour obtenir des photos, il faut donc souvent qu’un proche ou un prestataire se rende sur place.

A-t-on le droit de photographier une tombe dans un cimetière ?

Cela dépend du règlement du cimetière, pris par le maire. À Paris, les prises de vues faites hors d’un cadre privé et familial sont soumises à autorisation préalable ; à Perros-Guirec, toute photographie demande l’autorisation de la mairie. Lisez le règlement avant la visite.

Peut-on publier la photo d’une tombe sur internet ?

Avec prudence. Selon une réponse ministérielle publiée en 2020, le titulaire de la concession est propriétaire du monument, et sans l’accord de la famille, sa photographie ne peut être diffusée que si cela ne cause pas de trouble anormal. Ne publiez ni gros plans d’autres sépultures, ni visiteurs reconnaissables sans leur accord.

Combien coûte une photo de tombe sur EternalCare ?

Vous fixez votre prix, à partir de 8 € pour l’option « Photos de recueillement », qui peut être commandée seule. Avec un nettoyage ou des fleurs, les photos avant et après sont de toute façon dues. La commission d’EternalCare (2 € + 15 %) est prélevée sur la rémunération du prestataire, pas ajoutée à votre prix.

Faire photographier une tombe à distance

Choisissez le cimetière, indiquez l’emplacement et les vues souhaitées, puis fixez votre prix, à partir de 8 € pour des photos de recueillement. Aucun paiement n’est demandé au dépôt de l’annonce.

Sources

  1. Service-Public.fr, Inhumation (enterrement) (vérifié le 1er octobre 2026)
  2. Service-Public.fr, Acte de décès : demande de copie intégrale (vérifié le 13 août 2026)
  3. Insee, Fichiers des personnes décédées depuis 1970 (mis à jour le 5 octobre 2026)
  4. Ville de Paris, Cimetières (recherche d’un défunt, plans, registres des Archives de Paris ; mis à jour le 2 septembre 2022)
  5. Ville de Paris, Cimetière du Père-Lachaise : vos démarches administratives (mis à jour le 10 juin 2021)
  6. Ville de Paris, Règlement général des cimetières de la Ville de Paris (arrêté du 1er juin 2005, articles 4, 7 et 52)
  7. Ville de Paris, Que pouvez-vous photographier dans Paris ? (mis à jour le 29 octobre 2024)
  8. Ville de Paris, À la Toussaint, plus de 200 000 visiteurs dans les cimetières parisiens (mis à jour le 28 octobre 2026)
  9. Ville de Perros-Guirec, Règlement des cimetières (transmis en préfecture le 17 mai 2023, articles 7 et 20)
  10. Ville de Meudon, Décès et cimetières (publié le 4 mai 2026)
  11. Légifrance, Code général des collectivités territoriales, articles L2213-8 et L2213-9 (police des funérailles et des cimetières)
  12. Sénat, Question écrite n° 12549 : diffusion de la photographie d’un monument funéraire (réponse publiée au JO Sénat le 9 janvier 2020)
  13. Banque des Territoires, Est-il possible de diffuser les photographies d’un monument funéraire ? (13 novembre 2023)
  14. Banque des Territoires, Numérisation des données des cimetières : quel est le cadre juridique ? (17 juin 2025, avis de la CADA)
  15. Ministère des Armées, Mémoire des hommes, Sépultures de guerre
  16. EternalCare, Conditions générales d’utilisation (articles 2, 3 et 5)